TNT ou Internet mobile : l’Elysée a tranché au profit du très haut débit mobile

TNT ou Internet mobile : l’Elysée a tranché au profit du très haut débit mobile

A choisir, l’Elysée préfère favoriser le développement du très haut débit mobile, via la 4G, plutôt que l’offre de chaînes de télévision. Ainsi, la bande de fréquences 700 MHz, actuellement exploitée par la télévision numérique terrestre (TNT), ira aux mains des opérateurs pour le très haut débit mobile. Cette décision pourrait freiner voire mettre en péril le développement de la TNT.

La décision de favoriser l'Internet mobile au détriment de la TNT, prise par l’Elysée sans concertation avec le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) ou même Matignon, est liée à un impératif budgétaire. L’Etat attend 3 milliards d’euros de la mise aux enchères des fréquences 700 MHz auprès des opérateurs. Cette somme viendra prêter main forte au budget de la Défense, auquel il manque près de 6 milliards d’euros pour boucler la loi de programmation militaire.

En mars, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a rendu un avis sur les fréquences 700 MHz où elle jugeait que « l'accès au spectre constitue un enjeu majeur pour satisfaire les futurs besoins des services mobiles à très haut débit. » Plusieurs pays, comme le Canada, envisagent la réutilisation de la bande 700 MHz pour les réseaux mobiles.

Et de souligner que : « L'augmentation croissante des usages mobiles appelle en effet dès à présent à l'identification de nouvelles bandes de fréquences, afin de faire correspondre dans le futur les volumes de trafic mobiles attendus avec les quantités de fréquences adéquates. A cet égard, un mouvement mondial est en cours en vue de l'affectation au service mobile de nouvelles bandes de fréquences, en particulier celles de la bande 700 MHz (694-790 MHz). »

Amputée d’une partie de ses fréquences, il ne sera plus possible pour la TNT de se développer, notamment vers la haute définition. «  Cette décision signifie purement et simplement que la haute définition ne pourra pas être généralisée à l’ensemble des chaînes et que l’ultra haute définition, l’étape d’après, ne pourra jamais être lancée », informe un connaisseur du dossier.

La présidence de la République a pris cette décision seule, ce qui a provoqué la colère des autres institutions concernées telles le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), Matignon ou encore le ministère de la Culture et de la Communication.

Des enchères pourraient être lancées en 2016. D’ici là, les négociations vont être intenses.

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