Débits internet : l’Arcep fustige les annonces de Free

Débits internet : l’Arcep fustige les annonces de Free

Mardi 1er octobre, Free a une nouvelle fois prouvé son goût pour les annonces-chocs. Désormais, ses abonnés à la fibre optique bénéficieront d’un débit de 1 Gbit par seconde, sans coût additionnel. Quant aux abonnés ADSL, leur débit passera automatique à 100 Mbit par seconde. Des chiffres impressionnants, mais vivement contestés par l’Arcep, l’Autorité de régulation des télécoms.

Une nouvelle révolution Free dans le paysage numérique français. Le fournisseur d’accès à internet promet 1 Gbit par seconde en réception et 200 Mbit par seconde en émission à ses abonnés à la fibre optique. Ces derniers n’auront pas à payer plus cher et bénéficieront automatiquement de cette connexion à (très) très haut débit. Dans la même annonce, Free assure que ses abonnés à l’ADSL ne seront pas non plus en reste. Leur débit sera désormais de 100 Mbit par seconde en réception et de 40 Mbit par seconde en émission.

De quoi sérieusement booster sa connexion internet. Et battre tous les records de débits en Europe. En effet, actuellement, les internautes naviguent plutôt à 200 Mbit par seconde en réception s’ils disposent de la fibre optique et à 28 Mbit par seconde s’ils ne disposent que de l’ADSL. Des écarts tels que l’Arcep s’est immédiatement montrée circonspecte. Dans son communiqué, l’Autorité de régulation des télécoms a déclaré que les performances promises par l’opérateur sont « de nature à induire en erreur les utilisateurs ».

Peu coutumière de critiques directement dirigées contre un fournisseur d’accès à internet en particulier, l’Arcep a cette fois jugé indispensable d’intervenir. Le communiqué de l’Autorité dénonce le « caractère partiel et parfois inexact » des annonces de Free. Un tel débit est « tributaire non seulement du dimensionnement du réseau d’accès sur lequel Free communique aujourd’hui, mais dépend aussi du dimensionnement de l’ensemble son infrastructure ». Or Free a été fréquemment critiqué sur le dimensionnement de son réseau et n’a, jusqu’à maintenant, pas investi massivement dans la fibre pour corriger cette lacune.

Promesses de débits intenables et objectifs démesurés concernant le nombre d’abonnements : Free multiplie les effets d’annonce sur le très haut débit. Sans concrétisation. Le fournisseur d’accès à internet est à la traine dans ce domaine face à tous ses concurrents et semble compter sur la communication pour rattraper son retard. Une technique qui n’a pas été du goût de l’Arcep. Pas convaincue par les tests en laboratoire de Free, l’Autorité de régulation des télécoms conclut son analyse cinglante en rappelant que « les utilisateurs français ne sont pas des rats de laboratoire ».
 

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