L’objectif 100% fibre optique en 2025 difficile à tenir ?

L'objectif 100% fibre optique en 2025 difficile à tenir ?

Le gouvernement actuel, suivant la volonté du précédent, maintient la feuille de route d'une France couverte à 100% par la fibre optique d'ici à 2025. Mais les élus mettent déjà en garde contre le ralentissement du déploiement qui pourrait faire échouer le projet. Un appel, « l'appel de Valence » a été lancé lors de la journée du CREDO-ARUFOG, le 3 juillet dernier.

 

Le chantier de la fibre optique ralenti et, si la situation continue, il risque de s'éteindre complètement. C'est en tout cas ce que craignent les élus à la vue des investissements de moins en moins importants faits par les opérateurs et l'état dans ce domaine.

Le déploiement des prises FTTH (Fiber To The Home) est en recul constant depuis près d'un an : de 140.000 nouvelles prises au troisième trimestre 2011 nous sommes passés à 105.000 prises de déployées au premier trimestre 2012. Et les investissements sont réduits sur tout les plans puisqu'au premier trimestre 2012 la quantité de commandes, dans le secteur de la fibre optique, a été inférieure à celle du premier trimestre 2008.

Et il y a d'autres facteurs qui inquiètent concernant le déploiement de la fibre : le premier est sans doute l'annonce de la commercialisation du VDSL2 par Orange en 2013 qui montre une volonté de maintenir actif le réseau cuivre ainsi que d'en améliorer les performances ; le second est le déploiement de la 4G, présentée comme un substitut valable du FTTH.

Autant de facteurs de ralentissement du déploiement de la fibre qui risquent de mettre les bâtons dans les roues du gouvernement. Une situation paradoxale, par ailleurs, puisque la fibre optique, selon une étude réalisée fin 2010 pour le gouvernement, pourrait créer près de 700.000 emplois, tous secteurs confondus.

Afin d'inverser la tendance, les élus ont donc lancé un appel  au gouvernement et aux entreprises qui commence par réaffirmer haut et fort la nécessité de la fibre optique pour tous. Une réaffirmation qui est aussi dirigée vers leurs collègues puisque de plus en plus d'élus optent pour des choix palliatifs à l'absence du très haut débit par fibre optique comme, justement, la 4G, les connexions par satellite ou l'ADSL amélioré.

Ce sont là des solutions à court terme qui ne pourront jamais comblé la disparité entre les communes disposant du très haut débit et les autres.

Une idée a été énoncée : rendre la fibre optique obligatoire exactement comme la TNT a été rendue obligatoire à la fin de l'année dernière.

Imposer ce basculement aurait un effet positif sur le déploiement puisque dès la fin des travaux les investisseurs auraient la garantie d'un retour financier sans devoir forcément attendre que les foyers se décident par eux-mêmes de changer d'abonnement. Mais il reste toujours le problème du prix en ces temps de crise.

Quoi qu'il en soi, une chose est certaine pour les élus qui ont participé à la journée CREDO-ARUFOG : l'état doit jouer un rôle fondamental notamment en devenant, par le biais des collectivités, donneur d'ordres tout en apportant des garanties solides aux investisseurs privés qui, rappelons-le, devraient investir entre 20 et 30 milliards d'euros pour atteindre l’objectif d'une France 100% très haut débit.

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