Plan très haut débit : attention, compromis !

Plan très haut débit : attention

Couvrir intégralement le pays en très haut débit (THD) d’ici 2022, voilà ce qu’a promis, avec ambition, le Gouvernement. Le déploiement du très haut débit sur l’ensemble du territoire français ne signifie rien si l’on ne précise pas comment. Plusieurs technologies sont éligibles, parmi elles, l’ADSL et la fibre optique. Les opérateurs ont aussi un rôle à jouer, mais tous ne sont pas de la meilleure volonté.

Pour atteindre son objectif, le Gouvernement a officiellement privilégié la technologie FttH (Fiber To the Home), sans renoncer aux technologies alternatives sur lesquelles il compte pour respecter les échéances du calendrier. Mais il est clair qu’elles ne doivent pas supplanter le déploiement de la fibre, qui présente des avantages incontestés en termes de débit.

L’ADSL a été déployé dans les années 70 pour le téléphone. Cette technologie présente un sérieux inconvénient : la qualité du débit souffre de la distance de l’internaute avec le central téléphonique. Ce n’est pas le cas de la fibre optique qui entre chez l’abonné, ou du moins qui va jusque son immeuble, ce qui fait que le débit ne souffre pas de la distance.

La fibre, incontournable ?

Cette particularité de l’ADSL représente un véritable handicap pour les foyers et les entreprises qui n’ont pas la chance de se trouver à proximité de son lieu d’implantation. C’est précisément cette particularité de l’ADSL qui est à l’origine de la fracture numérique que la fibre a la capacité de résorber.

C’est une nécessité pour le confort de l’ensemble des ménages et pour la compétitivité des entreprises, et non pas seulement pour ceux situés dans les zones les plus denses dans lesquelles les opérateurs déploient leurs réseaux en priorité pour des raisons évidentes de rentabilité.

En outre, les nouveaux usages d’Internet, le recours à plusieurs écrans en simultané au sein des foyers (TV, smartphones, tablettes) ou encore la migration d’outils de travail et du stockage des données dans le Cloud, rend le très haut débit indispensable sur l’ensemble du territoire.

Le Gouvernement peut-il s’appuyer sur les opérateurs ?

Or pour couvrir le territoire en très haut débit, le Gouvernement n’a pas d’autre choix que de compter sur les opérateurs. Ces derniers sont naturellement guidés par des impératifs de profit ce qui les amène à déployer leurs réseaux dans des zones très denses (seulement 57 % de la population est concernée).

Dans les territoires ruraux, la dispersion de l’habitat rend le déploiement de nouveaux réseaux très onéreux ce qui demande . C’est donc les collectivités locales qui doivent établir leurs projets de couverture en THD et faire appel à l’opérateur de leur choix. , née en décembre 2012, est justement née pour « la construction, l’exploitation, et la commercialisation d’infrastructures indispensables au déploiement sur l’ensemble du territoire du très haut débit ».

Seulement là encore, les opérateurs ne sont pas des plus coopératifs. Début juillet, lors d’une réunion à Bercy en présence de représentants du régulateur des télécoms (Arcep), d’opérateurs et d’élus locaux, , qui alimentent théoriquement plus de 60 % de la population française en haut débit.

Le VDSL n’est que la version améliorée de l’ADSL. Autrement dit, seuls les internautes situés à moins d’1 kilomètre de leur central téléphonique sont susceptibles de bénéficier d’une augmentation de débit, autrement dit seulement 16 % de la population.

C’est une décision qui a l’air de soutenir le plan gouvernemental, mais qui en réalité le dessert, installant une technologie d’appoint qui exclut d’office un grand nombre internautes du très haut débit.

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